L'emploi dans l'économie sociale et solidaire

Jeudi 29 Août 2013

Les structures de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) à la conquête des jeunes

Les jeunes partagent et comprennent les valeurs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), même s’ils sont encore minoritaires dans ce secteur. Un rapport d’étude, publié en juin dernier, a présenté ses préconisations pour en attirer davantage.

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L’économie sociale et solidaire a le vent en poupe
, et ses valeurs semblent séduire les jeunes de moins de 30 ans. C’est du moins l’impression des employeurs du secteur, à en croire un rapport de l’Observatoire de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). En effet, 47,2 % d’entre eux pensent que les jeunes sont « plus sensibles aux valeurs de l'ESS (gouvernance démocratique, utilité sociale, lucrativité nulle ou encadrée…) ». Ils observent cependant que les jeunes, s’ils sont aujourd’hui « plus attentifs aux valeurs et aux principes de l’ESS », n’en connaissent pas nécessairement mieux les entreprises et métiers que les autres classes d’âges.

Par ailleurs, 14 % des employeurs déclarent être « inquiets par rapport à l’emploi des jeunes dans leurs structures », du fait de l’absence de moyens pour embaucher et le turnover important des jeunes salariés. Le fait est que les moins de 30 ans sont encore minoritaires dans le secteur (19 % des effectifs salariés). Par ailleurs, entre 2008 et 2010, leur part au sein des structures de l’ESS a diminué (2,8 %), même si le secteur gagnait du terrain dans l’emploi des salariés de cette classe d’âge. Et avec 600 000 départs à la retraite à anticiper d’ici 2020 et une certaine confiance dans le développement de leur activité, l’ESS aurait un besoin crucial de renouveler les équipes, d’où l’importance de susciter l’envie chez les plus jeunes. Un regain d’activité serait en outre attendu pour certaines des structures suite à la réforme des temps scolaires, notamment dans l’animation, les sports et loisirs et les arts et spectacles.

Les jeunes rarement cadres

38 % des moins de 30 ans travaillaient en 2010 dans le domaine de l’action sociale, où l’on observe par ailleurs une forte concentration de non ou peu qualifiés. On retrouve aussi tout particulièrement cette classe d’âge dans les activités financières et d'assurance (12 %), l’enseignement (9 %), le soutien aux entreprises (7 %), la santé humaine (7 %) et enfin les sports et loisirs (6 %).

Ils occupent néanmoins assez rarement des postes de cadres (de l’intervention socio-éducative, éducateurs techniques spécialisés ou encore les infirmiers psychiatriques). Autant de métiers pour lesquels un « problème de renouvellement des générations va se poser », selon l’Observatoire. « Il y a donc un enjeu à attirer les jeunes pouvant monter en compétences sur ces métiers vers les structures de l’ESS. » A noter néanmoins que, malgré la rareté du statut cadre, les moins de 30 ans auraient peut être plus facilement (que dans le privé) « l’autonomie sur un poste et la vision complète d’un projet ».

Toujours parmi les plus précaires

Ce qui s’observe en général sur le marché du travail se retrouve en grande partie dans les entreprises de l’ESS : même si le CDI est le contrat majoritairement proposé aux jeunes, ils restent surreprésentés dans les contrats plus précaires (CDD, entre autres). C’est notamment le cas des moins de 25 ans. Par ailleurs, ils occupent moins de contrats en CDI dans l’ESS que dans le privé hors ESS. On observe cependant une différence entre leur situation dans les fondations et les mutuelles, où les deux tiers des moins de 30 ans sont en CDI, ce qui correspond aux proportions du secteur privé. Dans les associations, ils sont pour moitié en CDI, un quart en CDD et un quart sous un « Autre contrat ». Cette dernière situation étant encore plus développée dans les coopératives (46 %). Les stages sont également très fréquents (sauf pour 13,1 % des employeurs). Quant à l’apprentissage, seules 26 % des structures y ont déjà eu recours. Enfin, 23 % des recruteurs sont passés par les contrats aidés. Les emplois d’avenir devraient notamment figurer par l’un des principaux dispositifs de recrutement dans les années à venir.

Encourager l’emploi des jeunes dans l’ESS

L’Observatoire recommande notamment de miser sur la « mutualisation et la coopération sur un territoire entre structures qui ont les mêmes problématiques », afin d’encourager l’embauche de jeunes et d’affronter la concurrence du secteur privé lucratif. « Ainsi, des groupements d’employeurs permettent souvent de régler des problèmes d’ordre financier tout en proposant aux salariés de meilleures conditions de travail (poste à temps plein) », précise le rapport. Il invite également à renforcer les relations entre les opérateurs de l’emploi (Pôle emploi, Maisons de l’emploi, Missions Locales…), afin que les employeurs de l’ESS soient mieux identifiés, et les profils adaptés « repérés et orientés ».

L’Observatoire conseille en outre d’effectuer une analyse plus poussée sur l’emploi des jeunes dans ce secteur, et de « creuser » davantage sur leurs représentations du secteur et leurs aspirations, afin de croiser ces éléments avec ceux déjà recueillis sur les employeurs dans cette étude.

Audrey MinartLesInfluences.fr

L’emploi des jeunes dans l’Economie Sociale et Solidaire, Rapport d’étude, Observatoire National de l’ESS – CNCRES, juin 2013. 

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